Vis ma vie trépidante d’étudiante en alternance !

Les études c’est dur. Les études en alternance, encore plus !

Pour pouvoir passer un Bac Littéraire, j’avais déjà dû me battre contre mon père, ingénieur de famille… Le compromis -qui n’était finalement pas un sacrifice pour moi- était de faire cette filière avec comme spécialité mathématiques.
Ensuite, quand je lui ai annoncé que je voulais commencer par un DUT, donc des études courtes, sacrilège… J’ai pu lui démontrer le sérieux de la formation, la possibilité de poursuivre ses études malgré tout après, donc ça a été…
Mais j’ai dû une dernière fois jouer avec ses nerfs : quand je lui ai annoncé que je voulais faire de l’apprentissage pour mon Bac+3.

Pourquoi faire de l’alternance ?

Dans la tête de mon père, l’alternance allait forcément de paire avec l’artisanat etc. Même s’il est vrai que la plupart des photos promouvant les voies des contrats de professionnalisation et d’apprentissage sont de jeunes mécano ou pâtissier généralement, ce rythme scolaire est compatible avec tous les métiers. Je l’ai traîné au Salon de l’Etudiant pour lui faire entendre les bienfaits de l’alternance : découverte du monde du travail, meilleure organisation, maturité et indépendance etc. Ajouter à cela que je me spécialisais dans le digital donc que je renouais avec l’ordinateur, il était conquis.

Comment moi j’ai été conquise ?
Pour ma part, j’ai toujours aimé apprendre. J’avais des facilités à l’école mais je me reposais sur mes lauriers donc j’étais plutôt une élève moyenne/bonne.
Je n’ai jamais exercé de job d’été. Dans mon collège, nous n’avions pas eu de stage d’observation de 3e. Ainsi ma première expérience professionnelle fut mon stage de quelques semaines pour valider la première année de DUT, donc Bac+1. Ce fut une grande claque puisque j’avais peiné à trouver ce pauvre stage même pas rémunéré et qu’en plus, une collégienne de 3e faisait exactement les mêmes tâches que moi. Je m’inquiétais alors de quand et comment je pourrais acquérir de l’expérience significative, si pour un stage sans importance j’ai tant de difficultés à cause d’un CV vide ! Alors pour le stage de seconde année, j’étais bien décidée à allonger la durée : l’IUT nous imposait 2 mois, sachant qu’un long stage serait plus rentable sur le long terme qu’un stage + un job d’été galère à trouver encore, j’ai candidaté pour des offres de 6 mois. Et quitte à y être longtemps, en revanche là je voulais vraiment réaliser des missions où je me sentirais capable, efficace et qui me plairaient. C’est ainsi que je me suis retrouvée assistante communication et webmarketing.

Ces 6 mois passés au sein de SonoVente.com ont été une révélation :

  • je n’avais pas vraiment réalisé qu’il existait de vraies carrières dans les nouvelles technologies que j’affectionne pourtant depuis toujours
  • le monde de l’entreprise est beaucoup plus dynamique que le bancs de la fac, je ne m’ennuie pas et le mouvement me rend curieuse de tout
  • la théorie c’est chouette mais la pratique c’est nettement mieux, notamment parce que les données sont plus actuelles

Il m’était donc inconcevable de m’imaginer retourner en cours à plein temps à la rentrée scolaire… C’est là que ma bienveillante tutrice Clémence m’a recommandé sa formation : suivre en alternance la licence professionnelle Marketing et Commerce sur Internet, alias MCI ou E-business, de l’Université d’Évry Val d’Essonne.

Pourquoi avoir fait autant d’années d’alternance ?

Au même titre que beaucoup encore s’attendent à ce que les BTS et DUT se lancent tous sur le marché du travail, plusieurs personnes ne comprennent pas qu’après une année d’alternance, je n’aie pas cherché à me faire embaucher et basta ya.
Et bien le Bac+3 a été ma première année de spécialisation dans le domaine digital. J’ai beaucoup appris puisque je partais de zéro. On avait justement balayé plusieurs sujets, je commençais à sentir que j’avais plus d’affinités avec la communication marketing et la relation client donc je ne me sentais pas 100% formée pour ces métiers. J’avais pas mal de notions sur un peu de tout disons. Alors j’ai poursuivi en alternance et ça tombait bien, car mon entreprise d’accueil GRDF (mon gros coup de cœur) était également intéressée pour renouveler mon contrat tout en me proposant une évolution de poste pour mon Master 1. Merveilleux !
Une fois mon Master 1 obtenu, je ne voulais pas m’arrêter là, d’autant plus que j’ai été extrêmement déçue par mon école et la formation délivrée… Donc pour mon Master 2, j’ai poursuivi en alternance et je voulais rattraper le temps perdu d’apprentissage donc j’ai changé d’école et d’entreprise, l’ECS Paris et TF1 respectivement m’ont accueillie.

 

Mes conseils pour choisir sa formation en alternance

Élève sérieuse, terre à terre et se projetant dans l’avenir depuis le collège, j’ai longtemps étudié le sujet de l’orientation. Bien choisir son parcours de formation est un de mes sujets préférés et c’est pourquoi aujourd’hui je travaille chez AIREMPLOI Espace Orientation. Enfin bref, trouver sa voie n’a jamais été chose aisée pour le commun des mortels.

Ne vous dites pas que opter pour l’alternance c’est mieux et que c’est la solution si vous n’aimez pas les cours. C’est un rythme très soutenu, il faut savoir jongler entre les travaux de groupe, les examens individuels, les projets en entreprise. Sans compter le temps dans les transports qui peut augmenter dangereusement.

Renseignez-vous sur les différences entre contrat de professionnalisation et contrat d’apprentissage (et stage alterné)… Il existe différents termes, ce n’est pas pour rien… La grille de salaire varie mais surtout certaines offres, certaines entreprises vous refuseront si vous êtes en contrat de professionnalisation.

Attention au diplôme et titre à la clé ! Les écoles privés délivrent des titres et non des diplômes d’État. Assurez-vous que les titres sont certifiés, homologués du niveau attendu par l’État. Autrement des entreprises fonctionnant avec des grilles salariales ne tiendront pas compte de votre titre.

On dit que l’alternance, ce sont des études gratuites. Pas exactement, ce n’est pas vous qui les financez en fait. Mais interrogez-vous sur le coût de l’admission, que vous allez devoir supporter seul, du coût si vous ne parvenez pas à trouver une entreprise dans les temps, et mettez ça en parallèle du contenu de formation. Participez aux JPO, recherchez des anciens étudiants sur les réseaux sociaux pour voir ce qu’ils sont devenus, combien de temps ils sont restés dans cet établissement etc. Car c’est aussi un investissement de temps pour vous, alors autant que cette année d’alternance soit bien rentable.

Soyez également attentif au rythme de formation : cela joue aussi dans la fatigue. J’ai commencé par une alternance de 1 semaine en cours, 2/3 semaines en entreprise. Puis 1 semaine en cours, 3 semaines en entreprise. Le Master 2 je voulais être plus opérationnelle, l’école proposait un rythme aux 4/5e soit 1 jour de cours et 4 en entreprise. Si ce dernier rythme était parfait pour l’entreprise, je m’interrogeais quand même au contenu de la formation mais on nous offrait généreusement 9h de cours. En revanche, j’aurais été incapable de suivre cette cadence dès la première année, voire la deuxième. Je n’avais pas encore l’habitude de switcher entre les deux.

 

En tout cas, je vous souhaite le meilleur dans vos recherches car l’alternance est vraiment une superbe opportunité pour acquérir de l’expérience, des connaissances pratiques et théoriques, faire de belles et enrichissantes rencontres et surtout grandir, vous responsabiliser, gagner en autonomie. Si malheureusement vous êtes déçu de votre accueil en entreprise, vous en sortirez tout de même changé.

 

Et vous ? Ancien alternant, en cours ou intéressé ?
Comment êtes-vous arrivé à opter pour l’alternance ?

2 Commentaires

  1. Sebastien dit : Répondre

    Super article, effectivement l’alternance est un bon tremplin pour la suite ! Je suis ravi de ma période alternante même si elle était sur le tard, paradoxalement, on voit aussi que c’est surtout en entreprise qu’on apprend beaucoup et que la théorie, bien qu’utile pour garder une vue d’ensemble n’est pas toujours super utile dans les missions du quotidien.

    Aussi, pourquoi est-ce que ton M1 t’a déçu ? Que penses-tu de l’enseignement reçu en école, est-ce qu’il t’est utile aujourd’hui ?

    1. Salut Sebastien, je suis tellement d’accord avec ton propos !
      En revanche, pourquoi juges-tu ta période d’alternance sur le tard ? La plupart des étudiants que j’ai côtoyés ont soit fait des études courtes avec l’alternance dès le Bac+2, soit plutôt fait des études longues mais ont attendu la dernière année Bac+5 pour faire de l’alternance, le temps de se parfaire en cours et de renforcer leurs CV avec des stages. Tu as le sentiment que tu aurais pu/dû commencer plus tôt ?

      Mon M1 m’a déçue car je ne comprenais pas comment/pourquoi l’école ESA3 a pu obtenir sa certification. Le point positif : pas mal de cours en anglais, ça je l’admets c’était très bien de nous forcer à pratiquer un peu plus quotidiennement l’anglais. Ensuite tous les professeurs n’étaient pas mauvais bien sûr mais il s’agissait véritablement d’intervenants pro qui n’avaient pas la pédagogie dans le sang ou qui n’avaient pas saisi qu’ils avaient face à eux des Bac+3/4 déjà. Donc inutile de perdre notre temps sur les bases…
      Ensuite c’est véritablement l’école, entre les locaux et tout le côté administratif où c’était le bowdel complet et qu’ils fermaient les yeux sur plusieurs manquements tant qu’ils gagnaient leur sous… Jamais je n’aurais payé en formation initiale pour cela.

      L’enseignement reçu à l’école est à mon sens toujours utile. D’une part pour apprendre à être structuré et à chercher des infos. Ensuite, certes certains cours m’ont plus aidée au quotidien que d’autres mais globalement, je n’aurais pas été aussi efficace en entreprise sans ces notions acquises, ces travaux de groupe aussi hein ! Partager fréquemment nos expériences entre alternants, donc les projets de nos entreprises respectives etc. c’était super enrichissant ! En formation initiale, le stage c’est chacun de son côté et on retrouve ses camarades de cours après des vacances donc on en parle pas. On échange lors des galères pour trouver son contrat lol mais très peu sur les véritables missions quotidiennes, les trucs mis en place etc.

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